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DATE DE PUBLICATION: 22 FÉVRIER 2023

Chaque jour, 30 000 personnes dans le monde sont victimes de brûlures suffisamment graves pour nécessiter des soins médicaux et souvent une hospitalisation. Les patients hospitalisés pour des brûlures graves présentent un risque particulièrement élevé de développer des infections nosocomiales et le risque de contracter une infection résistante augmente avec la durée d'hospitalisation. 

Si les coupures, les éraflures et d'autres types de plaies peuvent également s'infecter, les brûlures posent des problèmes particuliers. Outre la perte importante de peau ou les dommages qu'elle peut subir (elle est la barrière physique naturelle du corps contre les infections), les brûlures graves peuvent entraîner des atteintes du système immunitaire du patient qui augmentent le risque d'infection. Les personnes gravement brûlées peuvent souffrir de lésions pulmonaires liées à l'inhalation de fumées, et présenter des risques d'infection qui accompagnent l'intubation, l'utilisation de sondes urinaires et d'autres mesures qui peuvent être nécessaires pendant le traitement.

 

Les infections sont la principale cause de décès chez les grands brûlés

Les infections sont la principale cause de décès chez les grands brûlés, des études montrant qu'en moyenne 51 % des décès par brûlures sont imputables à une infection. Les trois types d'infections les plus courants chez les grands brûlés sont la pneumonie, l'infection des voies urinaires et la cellulite, une infection bactérienne consécutive à une rupture de l'intégrité de la peau. Parmi les autres infections signalées comme les complications les plus fréquentes chez les grands brûlés, citons l'infection des plaies dues aux brûlures, la septicémie et la bactériémie.

Dans les premiers jours d'une hospitalisation pour brûlures, la plupart des microbes responsables de l'infection sont des organismes Gram positifs assez sensibles aux antibiotiques. Cependant, lorsque la durée d'hospitalisation augmente, les patients sont plus susceptibles d'être infectés par des organismes Gram négatifs résistants qui peuvent être difficiles à traiter. 

 


 

Multidrug-Resistant Infections

Les grands brûlés sont particulièrement exposés aux infections multirésistantes

Les pathogènes particulièrement préoccupants pour les grands brûlés comprennent des souches multirésistantes de Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter baumanii et Stenotrophomonas maltophilia, ainsi que Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM). Des établissements de soins ont également recensé des flambées d'Entérobactéries résistantes aux carbapénèmes dans les services de traitement des grands brûlés. Dans un hôpital, une comparaison des infections respiratoires dans les services de soins intensifs a montré que 41 % des isolats étaient multirésistants alors que 14 % seulement l'étaient dans les autres services.

Si la gravité et l'étendue des blessures d'un patient conditionnent souvent sa durée d'hospitalisation, l'allongement de cette durée augmente le risque que le patient contracte une infection multirésistante. En outre, des études indiquent que la durée du séjour dans un centre pour grands brûlés constitue également un facteur de risque

Les facteurs de risque d'infections multirésistantes qui existent pour d'autres types de patients touchent également les grands brûlés. Il s'agit principalement d'une exposition antérieure aux antibiotiques et de l'usage de dispositifs médicaux invasifs comme les sondes urinaires.

 

Les pratiques de lutte contre les infections, les programmes de bonne gestion des antibiotiques et les diagnostics aident à prévenir, dépister, diagnostiquer, traiter et surveiller les grands brûlés.

Les procédures standard de lutte contre les infections comme l'hygiène des mains, le nettoyage/la désinfection de l'environnement, l'évaluation de la nécessité d'un dispositif invasif et son retrait précoce, ainsi que d'autres pratiques, contribuent à réduire les infections nosocomiales, y compris celles qui sont résistantes aux médicaments.

Le diagnostic des infections chez les grands brûlés est souvent complexe.  De multiples pathogènes peuvent être impliqués et une étude montre qu'un écouvillonnage unique ou une biopsie quantitative unique peut ne pas détecter tous les organismes. L'identification du sepsis chez les grands brûlés est également difficile car de nombreux symptômes du sepsis sont déjà présents chez les grands brûlés qui ne présentent aucune infection. En raison des concentrations élevées de pathogènes multirésistants dans les services de traitement des grands brûlés, les patients peuvent bénéficier d'un diagnostic rapide qui indique la présence ou l'absence de multirésistance.

Le traitement avant l'identification du pathogène responsable de l'infection dépend d'une combinaison de signes et symptômes cliniques, des résultats de laboratoire du patient et de facteurs environnementaux comme les pathogènes les plus courants dans le service de traitement des grands brûlés de l'hôpital. L'écologie du service local de traitement des grands brûlés (compte rendu qui indique la fréquence à laquelle des espèces bactériennes données sont sensibles ou non à des antibiotiques donnés) peut être très différente du reste de l'hôpital, il est donc important que les médecins la connaissent lorsqu'ils étudient les options de traitement.

Les programmes hospitaliers de bon usage des antibiotiques peuvent contribuer à améliorer les pratiques de prescription et à identifier les profils de résistance. 

En outre, l'International Society for Burn Injury recommande aux centres pour grands brûlés d'utiliser des programmes hospitaliers de bon usage des antibiotiques locaux pour suivre l'évolution des patients et l'antibiorésistance spécifiquement chez les grands brûlés hospitalisés. 

Une approche pluridisciplinaire qui implique des spécialistes des maladies infectieuses, des intensivistes, des pharmaciens et des chirurgiens spécialisés dans les brûlures est essentielle pour améliorer les résultats des patients et réduire la propagation de l'antibiorésistance dans les services hospitaliers pour grands brûlés.

Les avis exprimés dans cet article ne sont pas nécessairement ceux de bioMérieux. 


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