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DATE DE PUBLICATION : 17 OCTOBRE 2022

Dans la tribune publiée le 25 juillet par le Washington Post, intitulée "Les superbactéries se développent à nouveau. Les hôpitaux doivent reprendre l'avantage ", l'auteur estime que les hôpitaux américains régressent dans leurs efforts de lutte contre la résistance aux antibiotiques. La pandémie de COVID-19 n'a pas seulement provoqué un changement de perspective, elle a aussi " annulé ces progrès ".

L'article du Washington Post est paru quelques mois seulement après que des recherches de l'Université du Michigan ont montré que les médecins traitant des patients atteints de COVID-19 au début de la pandémie avaient souvent recours aux antibiotiques. Dans l'article paru dans Clinical Infectious Disease, les auteurs écrivent que "sur 1705 patients atteints de COVID-19, 56,6 % se sont vus prescrire un traitement antibactérien empirique précoce, [alors que] seulement 3,5 % (59/1705) avaient une infection bactérienne confirmée d'origine communautaire."

Personnel, processus, technologies

Pendant la pandémie, les médecins ont été confrontés à un nombre écrasant de patients malades et à l'absence de traitement médicamenteux efficace. La situation impliquait souvent de se tourner vers les antibiotiques comme remède "au cas où", bien avant qu'un test standard ne soit effectué pour écarter les infections bactériennes.  Au fur et à mesure de l'évolution de la pandémie de COVID-19, il est apparu que les antibiotiques n'aidaient pas les patients.  Des outils de gestion et de surveillance en temps réel auraient pu être utiles, mais si les hôpitaux disposaient de personnel et de processus, certains ont déclaré qu'ils n'avaient pas encore investi dans la technologie nécessaire.

En 2014, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont appelé tous les hôpitaux à mettre en œuvre de nouveaux contrôles des antibiotiques par le biais des "Core Elements of Hospital Stewardship Programs". Dans les années qui ont suivi, les hôpitaux se sont attelés à la mise en œuvre des éléments structurels et procéduraux, mais selon certains d'entre eux, ils n'ont souvent pas investi dans la technologie qui pourrait rendre la gestion responsable des antibiotiques plus simple et plus collaborative. De même, les stratégies et visions nationales en matière de résistance aux antibiotiques (AMR) de pays comme l'Australie, l'Afrique du Sud et le Royaume-Uni ont souligné l'importance des données et de la surveillance, mais ont noté que les systèmes et processus de surveillance devaient être améliorés.

Par exemple, le troisième objectif de la stratégie de l'Afrique du Sud pour 2018 - 2024 traite de la manière dont le système de surveillance existant devrait être renforcé par la centralisation de la gestion des données et des rapports. La surveillance est un objectif essentiel pour une bonne gestion des antibiotiques, mais elle est aussi extrêmement chronophage et inefficace si elle est effectuée manuellement. La mise en œuvre des progrès technologiques au fur et à mesure qu'ils sont disponibles, tels que l'amélioration des tests de diagnostic, des outils de gestion des données et des logiciels de surveillance, peut aider à répondre aux exigences de la lutte contre la résistance aux antibiotiques, en particulier à grande échelle.

Des semaines consacrées aux antibiogrammes à l'hôpital 

Malgré les mises à jour de 2019 des directives qui incluent " l'engagement de la direction de l'hôpital : Consacrer les ressources humaines, financières et informatiques nécessaires ", on voit en permanence des pharmaciens ou des médecins spécialisés dans les maladies infectieuses, expérimentés et surchargés, qui consacrent des semaines à consolider les données dans des feuilles de calcul pour établir des rapports, car de nombreux hôpitaux ne disposent toujours pas des technologies permettant de rationaliser le traitement des données.

Les professionnels de la santé passent des semaines ou des mois à consolider, calculer et valider manuellement les données. Cela est dû à la quantité colossale de données à gérer, souvent exportées des anciens systèmes d'information de laboratoire (SIL) et des systèmes de dossiers médicaux électroniques (EMR) dans des feuilles de calcul qui nécessitent un travail intensif et fastidieux avant de pouvoir distribuer la moindre donnée.

Dans les hôpitaux les antibiogrammes sont un élément clé des exigences en matière de reporting. Ils sont souvent élaborés à partir de feuilles de calcul qui peuvent être obsolètes et inexactes au moment où elles sont disponibles. Pour illustrer le défi que représente ce travail manuel sur tableur, un de nos client de bioMérieux a déclaré : " Si je m'asseyais et ne faisais rien d'autre que l'antibiogramme, cela me prendrait au moins deux bonnes semaines ". En effet, dans une étude d'antibiogramme d'un seul organisme dans un grand hôpital remontant à 6 ans, il a fallu entre 6 et 10 heures pour chaque année analysée, et un total de 36 à 60 heures pour une seule espèce bactérienne. Imaginez le temps nécessaire pour les centaines d'organismes que les hôpitaux traitent.

La bonne gestion des antibiotiques sans feuilles de calcul

Les hôpitaux américains dépensent en moyenne 500 000 dollars en logiciels de dossiers médicaux électroniques, un investissement essentiel, mais lorsqu'il s'agit de bonne gestion des antibiotiques, cela ne représente qu'une partie des ressources technologiques nécessaires. Investir davantage dans des technologies telles que les logiciels de reporting, permettrait au personnel de ne plus passer des semaines à travailler sur des feuilles de calcul et de fournir plus rapidement les antibiogrammes si importants. Les objectifs et les résultats de la bonne gestion des antibiotiques, qu'il s'agisse du laboratoire ou de la direction, nécessitent en fin de compte des outils de gestion et de surveillance adaptés, et non un travail manuel supplémentaire.

 

Les avis exprimés dans cet article ne sont pas nécessairement ceux de bioMérieux. 


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