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Une étude médico‑économique menée pour la première fois dans les pays du G7 démontre que le recours précoce à des tests de diagnostic rapides face au sepsis pourrait sauver des milliers de vies et générer des économies pour les systèmes de santé

Une étude médico-économique menée pour la première fois dans les pays du G7 démontre que le recours précoce à des tests de diagnostic rapides face au sepsis pourrait sauver de nombreuses vies et générer des économies significatives pour les systèmes de santé.

  • En France, on estime le nombre de cas annuels de sepsis d’origine bactérienne à 250 000-300 000.[i] La mortalité des patients hospitalisés pour un sepsis est de 25% : plus de 60 000 décès en France sont attribuables au sepsis.
  • Les tests rapides d'identification et d’antibiogramme (fast ID/AST) fournissent des résultats en moins de 24h heures au lieu de plusieurs jours avec des méthodes standard, permettant aux cliniciens d’instaurer rapidement un traitement antibiotique ciblé avant que l'état des patients ne se détériore.
  • Une étude médico-économique réalisée par l'Office of Health Economics (OHE) à la demande de bioMérieux démontre que le recours précoce aux tests de diagnostic rapides permettrait d’éviter chaque année à 6600 patients présentant une infection du sang d’évoluer vers un sepsis et à 3600 d’entre eux de décéder.
  • L’étude montre également que le recours à ces tests permettrait d’économiser 1700 euros par patient en France, soit une économie annuelle de 112 millions d’euros pour le système de santé.

Marcy-l'Étoile (France), le 20 avril 2026 – bioMérieux, acteur mondial dans le domaine du diagnostic in vitro, annonce la publication d'une analyse médico-économique réalisée dans les pays du G7 (Allemagne, Canada, États‑Unis, France, Italie, Japon et Royaume‑Uni) par l’Office of Health Economics (OHE), l’une des principales organisations indépendantes de recherche en économie de la santé au niveau mondial. Celle-ci évalue l'impact de l’utilisation précoce de tests rapides d’identification et d’antibiogramme (fast ID/AST) lors de la prise en charge des patients atteints d'infections du sang (bactériémie) à haut risque de sepsis.

Il s’agit de la première analyse médico-économique démontrant que l’utilisation précoce de tests de diagnostic rapides peut réduire le nombre de patients qui évoluent vers le sepsis, améliorer les résultats cliniques et générer des économies substantielles pour les systèmes de santé, et ce de façon constante dans tous les pays étudiés.

Des besoins médicaux non satisfaits dans la prise en charge du sepsis

Le sepsis, réaction grave et potentiellement mortelle de l’organisme face à une infection, est responsable de 21 millions de décès dans le monde chaque année.[ii] En France, le nombre de cas annuels de sepsis est estimé entre 250 000-300 000 et chaque année 60 000 patients en décèdent. Les premières heures de prise en charge sont cruciales, et l’administration d’un traitement antibiotique ciblé joue un rôle déterminant pour la survie du patient. Toutefois, les méthodes diagnostiques traditionnelles nécessitent deux à trois jours pour obtenir des résultats, obligeant les cliniciens à prendre des décisions thérapeutiques critiques sans disposer d’informations complètes.[iii]

En conséquence, près d’un patient sur cinq atteint d’une infection du sang reçoit un traitement initial inadapté, ce qui augmente le risque de complications ainsi que les coûts pour l’hôpital et le système de santé.[iv]

Ces dernières années, les autorités de santé françaises se sont fortement mobilisées contre le sepsis, avec un plan national pour faire reconnaitre la problématique médicale et avec de nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé publiées en 2025  pour optimiser la prise en charge par les professionnels de santé.

Modélisation médico-économique du parcours de soins des patients bactériémiques à risque de sepsis

La modélisation médico-économique évalue ce qu’il se passerait si des tests ID/AST rapides étaient systématiquement utilisés tôt dans le parcours de soins, avant que ne survienne une détérioration clinique. Construite à partir de données hospitalières françaises en vie réelle, l’évaluation médico‑économique analyse différents paramètres (tels que l’épidémiologie, l’évolution vers le sepsis, la mortalité, les conséquences à long terme pour les survivants, les parcours de soins et les coûts sur une période de 13 mois). Elle a ensuite été validée par des experts indépendants et adaptée selon les spécificités de chaque pays du G7 à l’aide de données locales. Dans les sept pays, les résultats montrent qu’un accès plus rapide à l’information diagnostique peut éviter chaque année à des milliers de patients bactériémiques d’évoluer vers un sepsis ou un choc septique. En France, cela se traduirait par une réduction de 6600 du nombre de cas annuels de sepsis et 3600 décès pourraient être évités, pour les patients atteints d’infections du sang.

« Si l’ampleur des conséquences varie selon les pays, la tendance est identique : le modèle montre que des diagnostics précoces améliorent le pronostic des patients en diminuant le risque d'évolution vers un sepsis et ces complications durables après la sortie de l'hôpital, comme les infections récurrentes, le déclin cognitif, les effets psychologiques et les complications spécifiques à certains organes. Nous espérons que ces résultats aideront les gouvernements, les organismes payeurs et les systèmes de santé à faire progresser les réformes structurelles nécessaires pour élargir l’accès, au moment opportun, aux tests rapides d’identification et d’antibiogramme », explique le Pr Jean-François Timsit, chef du service réanimation de l’hôpital Bichat (APHP).

Des économies substantielles à l’échelle du système de santé

Dans l’ensemble des pays du G7, l’évaluation montre également que le déploiement précoce des tests rapides d’identification et d’antibiogramme dans le parcours de soins génère systématiquement des économies, quel que soit le mode d’organisation ou de financement du système de santé.

Il est important de noter que 53 % à 83 % des économies totales sont réalisées durant l’hospitalisation initiale, étape où les conséquences cliniques et économiques de la détérioration sont les plus concentrées. En effet, un accès précoce à l’information diagnostique réduit la probabilité que les patients évoluent vers l’une des phases les plus consommatrices en ressources de la prise en charge du sepsis.

À l’échelle individuelle, les économies en France sont estimées à 1700 euros par patient, principalement grâce à une diminution des admissions en soins intensifs, à des durées d’hospitalisation plus courtes et à une réduction de la prise en charge des complications sévères.

À l’échelle nationale, cela se traduirait pour le système de santé par une économie de 112 millions d’euros par an. Ces économies reflètent à la fois les dépenses évitées durant la phase aiguë et la réduction des complications à long terme.[iv]

La nécessité de faire évoluer les modèles de remboursement pour créer de la valeur pour le système de santé

Aujourd’hui, le diagnostic ne représente qu’une faible part des dépenses de santé, mais il reste limité par des systèmes de valeurs qui ne tiennent pas compte de son impact plus large sur le système de santé et sur la population. Le diagnostic est également contraint par des modèles de remboursement forfaitaires qui le considèrent comme un coût et pas comme un outil générateur de valeur, et par des incitations mal coordonnées dans la mesure où ce sont les laboratoires qui supportent les dépenses tandis que les économies sont réalisées par d’autres composantes du système de santé.

« Cette analyse médico‑économique démontre que ces tests diagnostiques apportent une valeur considérable tant pour les patients que pour les systèmes de santé, largement supérieure à leur coût initial. Cela offre aux décideurs publics un argumentaire clair, basés sur des données probantes, pour repenser la manière dont le diagnostic est valorisé et financé », déclare Dr. Sophie Vandepitte, Directrice de la Stratégie d’Accès au Marché chez bioMérieux et postdoctorante en économie et management de la santé à l’Université de Gand.

Ces résultats modélisés démontrent la nécessité de réaliser une étude prospective en conditions réelles afin de confirmer l’impact dans les pratiques cliniques. Dans l’immédiat, ils dessinent une feuille de route claire : actualiser les mécanismes de remboursement, renforcer les capacités en matière de diagnostic, aligner les incitations financières et intégrer les tests rapides tôt dans le parcours de soins pour que les patients en bénéficient au moment le plus critique.

L'analyse complète, The Value of Fast Diagnostics in Time-Critical Infections: A Use Case in Bloodstream Infections and Sepsis, est disponible ici : https://www.ohe.org/publications/the-value-of-fast-diagnostics-in-time-critical-infections/

 

[i] Institut Pasteur, fiche maladie, sepsis / septicémie, consultable ici https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/sepsis-septicemie

[ii] Gray A, Chung E, Hsu R et al. Global, regional, and national sepsis incidence and mortality, 1990–2021: a systematic analysis. The Lancet Global Health, 2025.

[iii] Bauer, K.A., Perez, K.K., Forrest, G.N. and Goff, D.A., 2014. Review of rapid diagnostic tests used by antimicrobial stewardship programs. Clinical Infectious Diseases: An Official Publication of the Infectious Diseases Society of America, 59 Suppl 3, pp.S134-145. DOI: 10.1093/cid/ciu547.

[iv] Kadri, S.S., Lai, Y.L., Warner, S., Strich, J.R., Babiker, A., Ricotta, E.E., Demirkale, C.Y., Dekker, J.P., Palmore, T.N., Rhee, C., Klompas, M., Hooper, D.C., Powers, J.H., Srinivasan, A., Danner, R.L. and Adjemian, J., 2021a. Inappropriate Empiric Antibiotic Therapy in Bloodstream Infections at U.S. Hospitals based on Discordant In vitro Susceptibilities: A Retrospective Cohort Analysis of Prevalence, Predictors and Mortality Risk. The Lancet. Infectious diseases, 21(2), pp.241–251. DOI: 10.1016/S1473-3099(20)30477-1.

[v] Hassan S., Hamlyn T., Fong H., Hampson G. 2026. The Value of Fast Diagnostics in Time-Critical Infections. OHE Contract Research Report, London: Office of Health Economics

Lire le communiqué de presse de la France (en français)

Nom de fichier
20260420_PR_France_G7_Sepsis_Health-Economic_Study.pdf
Taille
329 KB
Format
application/pdf