Marcy l'Etoile, France - 10 février 1999. Une puce à ADN pour mieux contrôler la qualité de l’eau potable. Lyonnaise des Eaux et bioMérieux ont décidé d’unir leurs compétences pour mettre au point, dans le cadre d’un programme de recherche commun, une nouvelle technique d’analyse de l’eau potable. Totalement inédite, elle utilisera un procédé de haute technologie : la puce à ADN. Plus précis, plus rapide et moins coûteux que les techniques actuelles, ce nouveau procédé apportera aux consommateurs une garantie renforcée en matière de contrôle de la qualité de l’eau.

Une technologie plus précise
La puce à ADN permettra d’identifier de manière précise tout microorganisme recherché dans l’eau en le reconnaissant à travers son empreinte génétique. Il deviendra plus facile de prendre des mesures adaptées en matière de traitement de l’eau. De surcroît, la puce à ADN devrait permettre de détecter des concentrations plus faibles que celle détectées par les techniques actuelles. Elle offre ainsi la possibilité de surveiller la qualité de l’eau au-delà de ce que la réglementation actuelle impose. C’est donc une garantie supplémentaire qui sera offerte aux consommateurs.

Une technologie plus rapide
Avec la puce à ADN, les résultats des analyses seront donnés en moins de 4 heures. Cette rapidité présente deux avantages majeurs. Premièrement plus un incident est détecté rapidement, plus vite les traitements adéquats sont mis en œuvre. Deuxièmement, plus vite on rétablit le service de l’eau potable, moins on pénalise les consommateurs, particuliers ou industriels.

Une technologie moins coûteuse
Aujourd’hui, l’identification de chaque microorganisme recherché nécessite une analyse spécifique. Une seule puce peut identifier, en une seule fois, plusieurs dizaines de microorganismes. Les économies d’échelle deviennent alors très importantes. Actuellement avec les techniques classiques une analyse microbiologique complète (24 critères) coûte, au total, environ 20 000 Francs. Les premières évaluations montrent que, une fois sur le marché, l’analyse par puce à ADN pourrait coûter 10 fois moins cher.

Un saut technologique important
La technologie des puces à ADN est une découverte très récente qui constitue incontestablement un saut technologique. C’est un outil intégrant la biologie moléculaire, la microélectronique, la chimie, l’analyse d’image et la bio informatique. Elle ouvre une nouvelle ère dans l’analyse de l’eau.

Contrairement aux méthodes traditionnelles d’identification qui étudient les caractères morphologiques et physiologiques des microorganismes, l’identification moléculaire repose sur le principe de la reconnaissance d’une ou plusieurs séquences nucléiques contenues dans les molécules d’ADN ou d’ARN présentes dans tout organisme vivant.

La puce est constituée d’un support miniaturisé (1 cm2) sur lequel sont greffées plusieurs dizaines de milliers de sondes ADN. Ces sondes sont capables de reconnaître les brins d’ADN qui leur sont complémentaires, présents dans l’échantillon d’eau analysé, et de se fixer à eux par hybridation. L’analyse de la surface de la puce par un rayon laser permet le repérage des hybridations grâce aux signaux émis par des marqueurs fluorescents. Une empreinte d’hybridation est alors signalée. Le traitement informatique de cette empreinte permettra de déterminer la présence et l’identité des microorganismes recherchés dans l’échantillon.

Le partenariat
L’association de Lyonnaise des Eaux et bioMérieux, leaders mondiaux dans leur domaine d’activité, est une coopération de recherche industrielle originale. Elle permet à Lyonnaise des Eaux de bénéficier de l’avance de la technologie d’Affymétrix, spécialiste mondial des puces à ADN (GeneChip®) et partenaire de bioMérieux. Lyonnaise des Eaux accède à l’ensemble du savoir-faire de bioMérieux dans le domaine des puces et des sondes ADN. Le budget total de ce partenariat s’élève à 8,5 millions d’euros (55 millions de francs).

Une équipe de recherche commune pluridisciplinaire a été constituée et utilise les infrastructures et les compétences des partenaires : le centre de recherche de Lyonnaise des Eaux, situé au Pecq, en banlieue parisienne et le centre de recherche de bioMérieux situé à Lyon - Moulin à Vent.

Lyonnaise des Eaux est le leader international de gestion de l’eau avec 77 millions de clients desservis en Eau dont plus de 80 % hors de France. Lyonnaise des Eaux maîtrise l’ensemble du cycle de l’eau : gestion des ressources, traitement de l’eau potable, dépollution des eaux usées. Le chiffre d’affaires du pôle Eau de Suez Lyonnaise des Eaux s’est élevé en 1997 à 30,6 milliards de francs.